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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 10:47

Si, déjà au 19ème siècle, Thomas Carlyle qualifiait l'économie de science " lugubre ", comment devrait-on alors la qualifier aujourd'hui ? ...

 

Basées sur les théories traditionnelles qui reposent sur le fait qu'un taux de croissance positif ne peut être maintenu indéfiniment, les idées de Schumpeter, économiste autrichien de la première partie du 20ème siècle dont les théories sont largement développées par l'école de la " croissance endogène " notamment des américains Romer, Barro ou Lucas, font plus que jamais foi en matière d'économie actuelle ...

 

Le maître mot en est " l'innovation ", auquel on pourrait rajouter " systématique " ou même " à tout prix " car on pense, souvent d'ailleurs à raison, que sans innovation il n'y a pas de croissance durable et bien sûr ... sans croissance ... pas d'emplois.

 

Le corollaire de cela est naturellement qu'il faut remplacer et détruire en continu ... et forcément de plus en plus vite aujourd'hui ... ce que l'on a créé et mis en place, innover en permanence face à la pression de la concurrence et entretenir une " destruction créatrice " pour générer une croissance sensée être une dynamique " autoentretenue " et cumulative.

En bref, remplacer toutes créations ou techniques décrétées soudain " dépassées " ou " démodées ", même si elles font largement leurs preuves et génèrent toujours une bonne rentabilité, par un apport sans limites d'idées nouvelles et de " concepts marketing " à mettre au service d'une supposée croissance endogène et pérenne de notre économie ... quitte à tomber assez souvent dans un apport purement " gadget " ou d'effet de mode par rapport à des réalisations existantes largement éprouvées ...

 

La limite de ces pratiques est que la valeur de technologies importantes, solidement en place et parfaitement rentables mais soudain déclarées obsolètes, s'effondre alors de plus en plus devant l'afflux incontrôlé de nouvelles concurrences.

C'est là que l'Etat doit nécessairement garder un rôle de limitation des excès pernicieux de la concurrence à outrance ...

 

Jusqu'où iront, par exemple, les choix de l'Iphone, des montres, des lunettes, des vêtements et des objets les plus divers dits " connectés " venant en surenchères frénétiques aux seules fins du développement de la " part de marché " et de la sacro-sainte croissance ?

Les besoins réels des " consommateurs " sont bien loin des préoccupations premières des " firmes " !

 

Les limites et les effets nocifs de cette pensée économique sont, naturellement et heureusement, régulièrement mis en évidence et battus en brèche depuis les années 50 et notamment les réflexions de l'américain Vance Packard jusqu'aux Mouvements écologiques et aux critiques de plus en plus fortes de nos jours de la " société de consommation " et de la mondialisation.

 

Pour ne prendre qu'un seul exemple, une étude significative ( mais déjà ancienne et qui mériterait néanmoins d'être remise à jour ) montrait que près de la moitié du chiffre d'affaires des produits de santé était réalisée avec des spécialités de moins de 5 ans, alors que guère plus de 5% de ces " nouveaux  produits " apportaient un intérêt réellement significatif à la Santé publique ...

 

En revanche, des découvertes fondamentales véritables se font jour et doivent être mises en évidence et solidement accompagnées car elles apportent à la fois un progrès incontestable pour l'homme et une contribution certaine à notre développement économique, notamment dans les domaines des biotechnologies, des nanotechnologies et des technologies cognitives.

 

Il faut, à l'évidence, que l'Etat puisse s'impliquer plus que jamais dans les secteurs de l'aide à la recherche, à l'innovation et au développement qui ont vraiment du sens pour l'ensemble des citoyens et s'attacher plus que jamais à transformer peu à peu notre " mauvaise " dette publique de fonctionnement en " bonne " dette d'investissements pour l'avenir. Il doit aussi, bien naturellement, réguler la production des " biens publics " essentiels que sont l'éducation, la santé, le crédit, les infrastructures, tout en garantissant aussi les règles de l'indispensable " jeu démocratique " ...

 

... Et veiller enfin à ce que l'économie, " science lugubre " du 19ème siècle, ne devienne pas " science absurde " pour les besoins fondamentaux et le vrai sens de la vie des hommes du 21ème siècle ! ...

 

 

Francis PONT


26 / 10 / 2014



 


 




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